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LA SPÉCIFICITÉ DE LA MÉDECINE MODERNE

La médecine moderne est d'abord une médecine de survie. Elle répare des fractures, calme des douleurs intenses et parvient à traiter des infections qui peuvent causer la mort. C'est une approche marquée d'une grande expertise lorsque le corps physique vit un important stress. À ce moment, si aucune intervention n'est apportée par les traitements connus en médecine moderne, l'individu risque d'en mourir à court ou à moyen terme.

La notion de survie est importante, car elle décrit la spécificité de la médecine moderne et le rôle essentiel qu'elle doit jouer dans un réseau de santé qui vise des soins optimaux. Cette spécificité se résumerait à ce qui suit:

1. Phase de survie aiguë (corps physique et psychisme):

  • Lorsque le corps physique est en danger de mort (crise cardiaque, pneumonie, cancer...)
  • Lorsqu'une douleur devient intolérable (entorse lombaire, calcul urinaire...)
  • Lorsqu'un individu a des idées suicidaires ou homicidaires
  • Lorsqu'un individu présente une anxiété excessive (trouble panique ou insomnie sévère).

2. Phase de survie non aiguë:

  • Lorsqu'un individu présente une pathologie qui demande à se stabiliser pour tenter de prévenir une phase de survie aiguë au niveau du corps physique. En voici deux exemples: le diabète insulinodépendant et l'hypertension artérielle.

Un patient diabétique insulinodépendant, dont la maladie est bien contrôlée par la médication, se trouve ainsi en phase de survie non aiguë. Il a besoin de l'insuline pour ne pas être en danger de mort et pour ne pas tomber dans une phase de survie aiguë.

La même réflexion vaut pour les médicaments prescrits dans l'hypertension arté- rielle, alors que le corps physique n'est habituellement pas dans une phase de survie aiguë, mais plutôt en phase de survie non aiguë, étant donné qu'il n'y a générale- ment pas de danger de mort apparente. Le traitement pharmacologique est alors donné à titre préventif pour diminuer l'incidence de pathologies mortelles comme les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Même si ces médica- ments sont utilisés dans un contexte où le corps n'est pas en phase de survie aiguë, ils se veulent un prolongement de ceux prescrits lorsque le corps physique est en danger de mort.

Pour mieux comprendre cela, on peut se poser la question suivante: qu'arrivera-t-il si le patient arrête de prendre sa médication? S'il s'expose à un risque accru de déve- lopper une pathologie mortelle à court ou moyen terme et qu'il se rapproche d'une phase de survie aiguë, cette intervention thérapeutique entre dans la spécificité de la médecine moderne.

Cette notion de spécificité est très importante, car elle détermine le champ d'action qui est propre à la médecine moderne et dont la société a grandement besoin pour offrir des soins optimaux.

Plus l'ensemble de la collectivité connaîtra la spécificité de la médecine moderne, plus la population et les intervenants du réseau de la santé seront aptes à bien déterminer ce qui lui est propre, permettant ainsi à d'autres approches comme l'acupuncture de prendre éventuellement davantage de place dans le traitement des différentes pathologies.

Martin Moisan, md
Kanesatake Health Center
12 Joseph Swan
Kanesatake (Québec)
J0N 1E0

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