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Y A-T-IL AUTRE CHOSE QUE LES MÉDICAMENTS POUR TRAITER
LA DÉPRESSION ET LE STRESS?

En 2010, les Québécois représentaient 23% de la population canadienne et consommaient 36% des antidépresseurs au pays. Dans la même année, au Québec,   13 111 202 ordonnances d'antidépresseurs ont été remplies comparativement à         8 754 883 en 2006, ce qui signifie une augmentation de 50%. La moitié des nouveaux utilisateurs avaient 60 ans et plus, et les femmes représentaient environ les deux tiers de ces nouveaux utilisateurs.

Un nombre croissant de gens prennent donc ces médicaments. Mais de quoi cela est-il le reflet? Au niveau individuel et collectif, peut-on faire quelque chose pour renverser ce phénomène? Ces questions ne sont pas simples à répondre, mais il est à tout le moins souhaitable de mieux cerner les indications des antidépresseurs et de mieux percevoir l'éventail d'options thérapeutiques disponibles pour le traitement des symptômes dépressifs et d'anxiété.

Des études indiquent que les antidépresseurs ont une certaine efficacité lors de symptômes dépressifs avec des idées suicidaires. Mais lorsque ces dernières ne sont pas présentes, d'autres études démontrent que les antidépresseurs ne sont pas plus efficaces que le placebo ou sont à peine supérieurs. Pourrait-on alors choisir une autre approche thérapeutique que les médicaments pour traiter la tristesse, le désespoir, le manque de motivation, la perte de plaisir, la difficulté à se concentrer et l'irritabilité?

La réponse est oui, car des études scientifiques mentionnent que la psychologie est généralement plus efficace que les antidépresseurs dans le traitement de la dépres- sion et de l'anxiété. Également, il a été démontré que l'acupuncture peut aider à diminuer le stress et les symptômes dépressifs. Ces deux approches thérapeutiques (psychologie et acupuncture) sont donc des alternatives à considérer si l'on veut éviter l'approche médicamenteuse.

De plus, aux États-Unis, des études démontrent que le yoga peut aussi apporter une diminution des symptômes dépressifs et de l'anxiété. Cela signifie que des exercices réguliers de respiration et de méditation sont susceptibles d'apporter un mieux-être sur le plan psychologique.

Mais pourquoi peut-il être plus facile de s'en remettre aux antidépresseurs plutôt que d'aller vers d'autres approches thérapeutiques? N'y aurait-il pas là un oubli de taille, autant du côté médical que du côté de la population?

L'oubli dont il est question ici, c'est celui de la composante émotive de l'être humain. Cela signifie que derrière les symptômes psychologiques, il peut y avoir   des émotions (tristesse, colère, sentiments d'abandon, honte, culpabilité...) et des peurs que l'on aurait avantage à considérer pour aller vers un plus grand soulagement de ses malaises. De là, l'importance d'encourager une ouverture aux approches complémentaires, telles la psychologie et l'acupuncture, qui ont le potentiel d'amener la personne vers la cause émotive de ses symptômes.

Par conséquent, le fait de considérer davantage les émotions pourrait favoriser la diminution de la surconsommation d'antidépresseurs et d'anxiolytiques. Cela demande cependant de se responsabiliser davantage et de compter d'abord sur soi-même, au lieu de seulement s'appuyer sur un apport extérieur (médicament).   Ne serait-on pas plus gagnant d'agir ainsi, autant sur le plan individuel que collectif?

Martin Moisan, M.D.
Kanesatake Health Center
12 Joseph Swan
Kanesatake (Québec)
J0N 1E0

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