Y A-T-IL AUTRE CHOSE QUE LES MÉDICAMENTS POUR TRAITER
LA DÉPRESSION ET LE STRESS?

En 2010, les Québécois représentaient 23% de la population canadienne et consommaient 36% des antidépresseurs au pays1. Le 13 mars 2018, un reportage intitulé Le Québec sous les antidépresseurs et présenté au Téléjournal Grand Montréal 18 h, mentionne également que les Québécois consomment davantage d'antidépresseurs que la moyenne canadienne. De 2010 à 2015, le nombre d'ordonnances d'antidépresseurs aux aînés québécois a augmenté de 56 %2.

Un nombre croissant de gens prennent donc ces médicaments. Mais de quoi cela est-il le reflet? Au niveau individuel et collectif, peut-on faire quelque chose pour renverser ce phénomène? Ces questions ne sont pas simples à répondre, mais il est à tout le moins souhaitable de mieux cerner les indications des antidépresseurs et de mieux percevoir l'éventail d'options thérapeutiques disponibles pour le traitement des symptômes dépressifs et d'anxiété.

Des études indiquent que les antidépresseurs ont une certaine efficacité lors de symptômes dépressifs très sévères. Mais lorsque les symptômes dépressifs sont plutôt légers ou modérés, d'autres études démontrent qu'ils ne sont pas plus efficaces que le placebo ou sont à peine supérieurs3. Pourrait-on alors choisir une autre approche thérapeutique que les médicaments pour traiter la tristesse, le désespoir, le manque de motivation, la perte de plaisir, la difficulté à se concentrer et l'irritabilité?

La réponse est oui, car des études scientifiques mentionnent que la psychologie est généralement plus efficace que les antidépresseurs dans le traitement de la dépres- sion et de l'anxiété4. Également, il a été démontré que l'acupuncture peut aider à diminuer le stress et les symptômes dépressifs5. Ces deux approches thérapeutiques (psychologie et acupuncture) sont donc des alternatives à considérer si l'on veut éviter l'approche médicamenteuse.

De plus, aux États-Unis, des études démontrent que le yoga peut aussi apporter une diminution des symptômes dépressifs et de l'anxiété6. Cela signifie que des exercices réguliers de respiration et de méditation sont susceptibles d'apporter un mieux-être sur le plan psychologique.

Mais pourquoi peut-il être plus facile de s'en remettre aux antidépresseurs plutôt que d'aller vers d'autres approches thérapeutiques? N'y aurait-il pas là un oubli de taille, autant du côté médical que du côté de la population?

L'oubli dont il est question ici, c'est celui de la composante émotive de l'être humain. Cela signifie que derrière les symptômes psychologiques, il peut y avoir des émotions (tristesse, colère, sentiments d'abandon, honte, culpabilité...) et des peurs que l'on aurait avantage à considérer pour aller vers un plus grand soulagement de ses malaises. De là, l'importance d'encourager une ouverture aux approches complémentaires, telles la psychologie et l'acupuncture, qui ont le potentiel d'amener la personne vers la cause émotive de ses symptômes.

Martin Moisan, M.D. 
Kanesatake Health Center
12 Joseph Swan
Kanesatake (Québec)
J0N 1E0


1. Selon l'article Antidépresseurs, nouveau record au Québec, 13 millions d'ordonnances, publié dans le Journal de Montréal, 7 février 2011.

2. Selon l'article Web Exlosion du nombre des prescriptions d'antidépresseurs aux ainés, Journal de Montréal, 26 septembre 2016.

3. Selon l'étude Antidepressant Drugs Effects and Depression Severity. A Patient-Level Meta-Analysis dans le JAMA (Journal of the American Medical Association, 2010.

4. Selon l'article La science penche pour la psychothérapie publié en 2014 dans le Journal Web LaPresse.ca.

5. Pour plus d'information, voir le document intitulé Acupuncture: Review and Analysis of Reports on Controlled Clinical Trials de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), publié en 2003.

6. Selon l'article Yoga on our minds: A systematic review of yoga for neuropsychiatric disorders, publié en 2013.


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