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DES ÉCONOMIES PAR UNE MEILLEURE UTILISATION DES MÉDICAMENTS!

"Le potentiel d'amélioration de la qualité des soins et de la santé des individus grâce à une utilisation rationnelle des médicaments est énorme. Une réduction substan- tielle des dépenses en médicaments pourrait en résulter. Il est décevant de constater que, malgré les recommandations qui ont été formulées en ce sens au cours des années, la question suscite bien peu d'intérêt au ministère de la Santé et dans le système en général."

                                          Claude Castonguay, Santé: l'heure des choix, 2012

Une collectivité qui aspire à un mieux-être est une collectivité qui consomme le moins de médicaments possible. Dans ce sens, il serait souhaitable que le nombre de personnes qui prennent des médicaments, plus particulièrement des antidépresseurs et des anxiolytiques, diminue au cours des prochaines années, et que l'accent soit davantage mis sur des approches complémentaires qui visent une guérison émotive, telles la psychologie, l'acupuncture et les techniques méditatives comme le yoga.

Pour y arriver, il semble nécessaire d'élargir la signification des mots symptôme et maladie. Cela implique pour chacun de prendre davantage en considération ses différentes composantes (physique, émotive, psychologique et énergétique) lorsque des malaises sont ressentis, en se rappelant de consulter un médecin si ces mêmes malaises persistent ou s'aggravent.

Cette ouverture à ses différentes composantes peut amener une personne à se poser des questions sur la cause de ses symptômes, autre que seulement physique. Dans ce sens, il est possible que des conflits émotionnels provoquent jusqu'à des dysfonctions corporelles (maux de ventre chroniques, migraine...). Il existe également des études qui mentionnent que le système immunitaire peut être affecté lors d'un trop grand stress, ce qui peut entraîner des problèmes physiques (rhume, sinusite, bronchite, infection urinaire...)1.

Aller vers une plus grande connaissance de soi et de ses différentes composantes n'est cependant pas exempt de difficultés car ceci demande habituellement de faire face à ses propres émotions (tristesse, frustrations, culpabilité...). Les approches complémentaires donnent alors la possibilité d'être accompagné pour mieux identifier la cause de ses malaises et symptômes. Ce serait donc en détectant davantage ses déséquilibres internes que l'on peut arriver à garder une meilleure santé, autant sur le plan physique que psychologique.

Ainsi, pour passer de la surconsommation à une consommation minimale de médica- ments, et pour faire des économies au niveau des dépenses publiques servant à couvrir l'assurance-médicaments, le gouvernement québécois aurait avantage à prendre des mesures pour que la population et les intervenants du réseau de la santé intègrent mieux la réelle signification des mots symptôme et maladie. Il faudrait alors que s'implante un modèle de prévention qui ne tient pas seulement compte de l'aspect physique de l'individu (bien s'alimenter, faire de l'exercice, cesser de fumer, consommer de l'alcool modérément), mais qui considère aussi l'aspect émotif et le stress, et ce pour favoriser une plus grande autonomie de chacun vis-à-vis de leur santé.

Ce n'est sans doute pas sans heurts qu'une société pourra passer d'un état de surcon- sommation à une consommation minimale de médicaments. Mais c'est possible, en ayant pour base l'être humain dans sa globalité, et non plus de simplement le définir que par sa composante physique.

Martin Moisan, M.D.
Kanesatake Health Center
12 Joseph Swan
Kanesatake (Québec)
J0N 1E0

1. Hussain D., Stress, immunity, and Health: Research Findings and Implications (Traduction: Stress, immunité et santé: résultats de recherche et implications), International Journal of Psychosocial Rehabilitation, 2010.

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