Image

LA MÉDECINE INTÉGRATIVE

Aux États-Unis, il y a actuellement un mouvement qui commence à s'implanter et qui est appelé "médecine intégrative" (integrative medicine). Il s'agit d'une médecine axée sur la guérison des différentes composantes de l'être humain (physique, émo- tive, psychologique et énergétique). Elle vise ainsi la globalité des individus, en incluant tous les aspects de leur vie. Plusieurs approches thérapeutiques sont alors offertes dans un même centre de santé, dont la médecine moderne, l'acupuncture, l'ostéopathie, la chiropractie, la massothérapie, la naturopathie et la psychologie.

La médecine intégrative vise ainsi à ne pas seulement traiter les symptômes phy- siques, mais aussi la composante émotive et énergétique des désordres corporels. Pour ce faire, les médecins et thérapeutes se doivent d'avoir une ouverture sur d'autres approches que la leur afin de permettre aux patients une meilleure compréhension et résolution de leurs symptômes.

Au Québec, pour que la médecine intégrative puisse être vraiment implantée, il est donc nécessaire que le clivage entre chaque profession s'estompe pour offrir le meilleur service possible. Cela signifie que l'ego médical actuel aurait avantage à s'amincir et à perdre de sa rigidité pour ainsi intégrer davantage d'autres approches, dont l'acupuncture, qui peut être tout aussi efficace pour le traitement de plusieurs pathologies et qui aborde les symptômes dans une optique de globalité. 

Aux États-Unis, à certains endroits, la médecine intégrative commence également à s'implanter dans les centres hospitaliers. L'acupuncture et d'autres approches se retrouvent donc, au même titre que la médecine moderne, comme étant des élé- ments très actifs dans les soins apportés aux patients.

En France, l'assistance publique des hôpitaux de Paris a décidé d'introduire une vingtaine d'approches complémentaires dans ses hôpitaux, dont un tiers en médecine traditionnelle chinoise.

"C'est vraiment une ouverture très grande sur une médecine tout à fait différente, totalement empirique, mais qui a fait ses preuves. Il ne s'agit pas de remplacer nos traitements par d'autres traitements. Il s'agit de les compléter1."

                                                                           Dre Catherine Viens-Biker

Le Québec accuse ainsi un énorme retard à ce niveau, car à l'heure actuelle, le milieu hospitalier offre principalement des services médicaux, mis à part la physiothérapie, l'ergothérapie, l'inhalothérapie, la psychologie et les services en travail social2.

Il est donc souhaitable que des mesures soient prises, autant par le gouvernement que par les autorités médicales, pour offrir des soins intégrés dans le milieu hospi- talier. Il s'agit là d'une clef importante qui permettrait d'offrir des soins optimaux à la population et peut-être de favoriser un certain désengorgement des urgences.

Un système de santé dont le pivot central est la médecine moderne est un système de santé qui traite principalement les symptômes physiques, et non pas nécessai- rement la composante émotive et énergétique des maladies. Il s'agit donc d'un système de santé qui ne fait qu'éteindre des feux, sans pour autant prendre en considération le terrain de la maladie et la globalité de la personne.

En allant plus en profondeur dans le traitement des symptômes physiques, la médecine intégrative diminue les chances de récidive de ces mêmes symptômes, et favorise ainsi une meilleure prévention de la maladie. À l'heure actuelle, si les urgences débordent, c'est qu'une masse de gens ont attendu que des symptômes physiques s'aggravent pour consulter un médecin. Mais si ces gens avaient eu une meilleure connaissance de la composante émotive et énergétique de la maladie, ce que l'acupuncture peut enseigner, cela aurait pu permettre de diminuer l'achalandage.

En d'autres termes, l'implantation de la médecine intégrative dans les cliniques et les hôpitaux favoriserait un traitement plus en profondeur des symptômes physiques et une meilleure éducation auprès de la population pour qu'elle soit davantage autonome vis-à-vis de sa propre santé. Le système de santé québécois aurait donc avantage à aller dans cette direction, autant pour le bien-être de la collectivité que pour diminuer ses frais d'exploitation.

Martin Moisan, M.D.
Kanesatake Health Center
12 Joseph Swan
Kanesatake (Québec)
J0N 1E0

1. Selon la vidéo "La médecine chinoise dans les hôpitaux"
http://youtu.be/W8d2hGmmBmM

2. Les seules exceptions connues de l'auteur sont l'hôpital de LaSalle, où l'acupunc- ture est utilisée en obstétrique, et l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, où Dr Christian Boukaram a mis en place une approche intégrative dans le service d'oncologie. Une telle approche existerait également à l'Hôpital Général Juif de Montréal au départe- ment d'oncologie.

© Copyright 2015
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. info@editionsdakyil.com