Image

LA SURCONSOMMATION DE MÉDICAMENTS

"Trop de médicaments inutiles sont prescrits, trop d'examens superflus sont réalisés. Il existe un aveuglement collectif alimenté par le marketing pharmaceutique, l'intérêt personnel de certains médecins, et la crédulité du public."

                                        Dr Dominique Dupagne, médecin généraliste français
                                        Revue l'Actualité médicale, 25 avril 2012

"Au Québec,... notre confiance envers les médicaments est trop grande, nous en consommons beaucoup. En 2010, nous étions au premier rang au Canada en ce qui concerne les dépenses des médicaments..."

                                         Claude Castonguay1, Santé: l'heure des choix, 2012

De plus, 55% des Québécois consomment actuellement au moins un médicament2.  En 2013, chez les personnes ayant une assurance-médicament à la RAMQ (ce qui représente près de la moitié de la population du Québec), le pourcentage de gens prenant un antidépresseur était de 13.7%, soit presqu'une personne sur 7. 

Pour un individu, la surconsommation de médicaments peut mener à des effets indésirables, voire à de graves problèmes physiques et psychologiques, et dans le pire des cas, elle peut aller jusqu'à entraîner la mort.

Au niveau collectif, la surconsommation de médicaments engendre des coûts pour le système de santé. Que l'on pense, entre autres, aux dépenses publiques pour couvrir le régime d'assurance-médicaments, qui augmentent d'année en année. De façon plus sournoise, elle pourrait aller jusqu'à causer des symptômes d'épuisement pour le personnel médical (médecins, infirmières, secrétaires...). Cela est illustré au schéma suivant:



Des répercussions de la surconsommation de médicaments
 

Une collectivité qui consomme trop de médicaments amène ainsi une augmentation de la charge de travail chez le personnel médical, pouvant alors entraîner des symptômes d'épuisement chez ce dernier. Cela ne reflète-t-il pas l'état actuel des principaux intervenants du système de santé québécois?

Plus un médecin prescrit des médicaments, plus les dangers d'effets secondaires et d'interactions médicamenteuses existent, et plus les gens se doivent de consulter un médecin. N'y aurait-il pas là une roue qui tourne et qui alimente l'industrie phar- maceutique? Ne serait-il pas temps de briser ce cercle vicieux pour favoriser une meilleure santé de la population?

Martin Moisan, M.D.
Kanesatake Health Center
12 Joseph Swan
Kanesatake (Québec)
J0N 1E0

1. Les Éditions du Boréal

2. Revue l'Actualité médicale, mai 2015.

© Copyright 2015
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. info@editionsdakyil.com